En 2004 Michaël "Jurassic Park" Crichton a publié un thriller écologique intitulé
State of Fear, traduit deux ans plus tard en français sous le titre
État
d'urgence. J'ai attendu qu'il paraisse en livre de poche pour le lire, je n'étais pas pressé. Ce livre est une charge, pas très subtile contre ceux qui ont l'incroyable naïveté (selon
M. Crichton) de croire que les émissions d'origine humaine de gaz à effet de serre (GES) aurait une influence sur le climat et provoquerait un réchauffement climatique.
Il s'agit d'un roman, pas d'un essai mais il n'en reste pas moins que M. Crichton prends position et très nettement dans le camp des sceptiques qui jugent qu'
on n'en sait pas assez sur le
phénomène du réchauffement climatique (qu'il ne nie pas) pour en attribuer la cause majeure aux activités humaines et donc qu'il est urgent de ne rien faire et de ne surtout pas engager de
coûteux programmes de réduction des émissions de GES. Sur ce point on peut remarquer que M. Crichton est en parfait accord avec l'administration Bush et ses soutiens majeurs que sont les
industriels du pétrole.
Ce choix du genre romanesque pour traiter un sujet aussi brûlant (sans jeu de mots) est très malin.
Les écologistes dans le roman sont dépeints comme des naïfs mal informés sur le
plan scientifique, ou comme des terroristes prêts à tout pour que la catastrophe climatique qu'ils annoncent advienne, ce qui leur permettra au passage de faire affluer les dons du public pour
leurs ONG. On ne peut toutefois pas accuser M. Crichton de prendre parti : "Ce n'est qu'un roman" peut il se contenter de dire et toute l'argumentation fallacieuse, tronquée et savamment partiale
qu'il distille en 700 pages pourra tranquillement faire son chemin dans les esprits de ses lecteurs.
Comme antidote à ce roman qu'on peut se contenter de lire comme un honnête roman d'aventures je conseille la dernière mouture du
rapport du GIEC.