"Jour après jour la boite à jours se vide...
Qu'est-ce qui va rester de nous ?" -Maxime Le Forestier-
Ce blog est une manière de garder trace,
même si la trace pâlit, s'estompe,
et finira un jour par s'effacer.
Ça faisait longtemps que je n'avais lu quelque chose d'aussi bien foutu dans le genre Hard Science (la branche de la SF qui se veut aussi près que faire se peut
de la plausibilité scientifique) ! Le point de départ de ce roman est presque classique : Une puissance extra terrestre non identifiée, abrupte et muette enferme un beau jour la Terre entière dans
une espèce de cocon l'isolant du reste de l'univers. Ce cocon est appelé par la suite "membrane spin" car à l'extérieur pour le reste de l'univers le temps tourne (spin en anglo-américain) des
milliers de fois plus vite qu'à l'intérieur sur la Terre, pour l'humanité prisonnière. L'essentiel du roman nous permet de suivre divers personnages qui vont affronter ce bouleversement inouï, et
d'observer à leurs côtés la manière qu'aura chacun - et la société humaine dans son ensemble - de composer avec les conséquences de cette espèce de cataclysme.
Je ne vais pas vous en raconter plus sur ce roman et vous laisse le plaisir de le découvrir par vous-même. Ce que je peux ajouter toutefois c'est qu'on a ici une fois encore la démonstration que la
SF n'est pas une simple littérature d'évasion. Le portrait et la critique de notre monde en ce début du 21ème siècle sont sous la plume (sous les touches de l'ordinateur) de Robert C. Wilson d'une
rare pertinence et d'une profonde acuité. Les personnages ont une belle épaisseur psychologique, l'intrigue est bien menée et le roman construit d'une manière qui m'a fait me régaler de bout en
bout.
Je sais bien que vous ne vous attachez pas à ce genre de détails mais je vous signale au passage que ce livre a reçu le prix Hugo 2006 et le Grand Prix de l'Imaginaire 2008. Il va sans dire que je
vous en recommande la lecture !...