Tempus fugit

"Jour après jour la boite à jours
se vide...
qu'est-ce qui va rester de nous ?"
-Maxime Le Forestier-

Ce blog est une manière de garder trace, même si la trace pâlit, s'estompe et finira un jour par s'effacer.

En ce moment je lis :




 - Histoire des Philosophies
  matérialistes
de Pascal Charbonnat

- Galaxies n°3
Revue de Science-fiction
Hiver 2009

Lectures à venir :

- L'Homme, le Bien, le Mal
d'Axel Kahn
et Christian Godin

- Et l'homme créa les dieux
de Pascal Boyer

- L'Esprit des Lumières
de Tzvetan Todorov


Mardi 30 septembre 2008

Le Center for inquiry (CFI http://www.centerforinquiry.net/ ) est une organisation internationale consacrée à la promotion et la défense de la science, de la raison et du libre examen dans tous les domaines de l'activité humaine. Il s'attache à répandre dans le grand public la compréhension de la méthode scientifique. Il fédère, sous l'impulsion du philosophe Paul Kurtz, quatre grandes organisations : le Committee for Skeptical Inquiry (CSI http://csicop.org/) centré sur le champ des sciences et des pseudo-sciences, le Council for Secular Humanism (CSH http://www.secularhumanism.org/ ) qui promeut le naturalisme philosophique et la laïcité, la Commission for Scientific Medicine and Mental Health (CSMMH http://www.csmmh.org/ ) qui s'emploie à l'examen scientifique des médecines alternatives non prouvées et des différentes formes de thérapies mentales et le Committee for the Scientific Examination of Religion (CSER http://www.centerforinquiry.net/cser ). L’Association Française pour l’Information Scientifique ( AFIS http://www.pseudo-sciences.org ) fait partie du réseau international du CSI.
Par Denis - Publié dans : Spiritualité & Religions - Communauté : Religions en toute liberté
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Dimanche 21 septembre 2008

Devant un parterre d'intellectuels ébahis et sans la moindre réaction critique, Benoît XVI a tenu trois propos qui scandalisent le philosophe (incroyant, il est vrai) que je suis. Affirmer, d'abord, qu'"une culture purement positiviste serait une capitulation de la raison" n'a aucun sens. Cette culture qui est visée, la culture scientifique, n'a pu au contraire se développer qu'en s'appuyant sur une raison qui a fait abstraction des croyances religieuses dans tous les domaines qu'elle a su peu à peu conquérir : la nature inanimée, le vivant, l'homme.

Et à chaque fois elle a rencontré l'opposition de la religion : Galilée a été condamné pour avoir contredit le géocentrisme de la Bible, Darwin pour avoir affirmé l'évolution des espèces contre le créationnisme - et ce n'est que récemment que l'Eglise l'a partiellement admise (elle en exclut l'esprit humain) ; enfin, on ne peut pas dire que la découverte freudienne de l'inconscient et de l'importance de la sexualité dans la construction de la personnalité humaine soit intégrée à l'anthropologie chrétienne officielle ! De ce point de vue, le strict positivisme, avec ses conséquences philosophiques matérialistes, est, au contraire, la condition absolue pour que la raison scientifique se réalise dans son projet de connaissance du monde.

Par ailleurs, affirmer qu'il n'y a de "culture véritable" que fondée sur la recherche de Dieu revient à confondre un souhait, accompagné d'un jugement de valeur subjectif et partial, avec l'intelligence théorique de ce qu'est la culture depuis des siècles et qu'elle continuera à être, et dont on s'étonne qu'un esprit de son niveau l'occulte ou l'ignore. La culture est là pour faire réfléchir l'homme sur sa condition, par-delà les différences qui séparent les hommes, et l'ouvrir à l'universel des invariants qui constituent cette condition : la vie, la mort, le temps, la liberté, etc. Et la pluralité des réponses qu'elle a jusqu'à présent apportées à ces interrogations philosophiques fait son prix inestimable.

TOTALITARISME IDÉOLOGIQUE

Le point de vue religieux (qui n'est d'ailleurs pas seulement catholique), avec ses valeurs propres, en fait partie et il a contribué historiquement à sa richesse, même s'il doit être soumis à la critique rationnelle, comme toute option intellectuelle. Mais réduire la culture à ce point de vue comme le fait Benoît XVI ou subordonner la réflexion humaine à ce qui reste une croyance parmi d'autres dont rien, au surplus, ne nous garantit la pérennité, reviendrait à lui imposer une norme a priori et à en limiter la liberté comme l'ambition : le totalitarisme idéologique n'est pas loin, que l'histoire de l'Eglise officielle, de l'Inquisition aux intrusions dans le domaine des arts, a malheureusement illustré.

Enfin, il y a cette idée initiale, mais en réalité essentielle, qui définit la matrice de l'engagement religieux tel que le pape tente de le porter à son comble : l'affirmation clairement morale ou existentielle selon laquelle la vraie vie se trouve dans la recherche et la connaissance de Dieu, dans la foi elle-même, que "cela seul est important et sûr". Pour qui a lu et compris Nietzsche, mais aussi Marx ou Feuerbach, cela ne signifie qu'une chose : la religion repose sur la négation ou la dévalorisation de la vie terrestre, de ses désirs et de ses plaisirs, donc des seules formes de bonheur dont un esprit lucide puisse être sûr et dont il doit par conséquent affirmer l'importance ; elle constitue une force de mort qui nous demande d'anticiper la mort dans la vie en sacrifiant celle-ci à un au-delà improbable.

Du coup, les références du porte-parole officiel de l'Eglise catholique à l'homme ou à l'humain sonnent étrangement creux : que peut être un humanisme qui ne commence pas par se soucier de la condition concrète des hommes ici-bas ? Le pape, à ce niveau, se situe dans l'optique de son encyclique sur l'Espérance, où il polémique avec l'humanisme athée apparu au XIXe siècle et contemporain de l'avènement des sciences humaines, qui entend recentrer l'homme sur lui-même et l'aider ainsi à humaniser sa condition. Cette profession de foi méfiante à l'encontre des forces de l'homme et de la valeur de son existence terrestre est pour moi désolante... parce qu'elle est un facteur de désolation réelle : elle empêche l'homme d'embellir sa vie en agissant concrètement en et sur elle.

Certes, il n'est pas question de mépriser ceux qui ne sont pas satisfaits de la condition humaine et se consacrent à y trouver une échappatoire. Mais les y inciter avec tout le poids d'un magistère institutionnel, c'est les détourner de l'effort millénaire que la raison philosophique, scientifico-technique et politique a déployé pour contribuer au bonheur humain hic et nunc. C'est, sous couvert de l'espoir d'un bonheur supérieur, prendre le risque d'alimenter le malheur effectif de l'humanité. Aucun intellectuel progressiste ne saurait l'accepter.


Yvon Quiniou est philosophe, auteur d'"Athéisme et matérialisme aujourd'hui" (éd. Pleins Feux, 2004).
article repris du site du Monde
Par Denis - Publié dans : Spiritualité & Religions - Communauté : Religions en toute liberté
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Jeudi 18 septembre 2008

Voici une vidéo des casseurs de pub sur des gens qui appliquent le principe "faites ce que je dis mais ne dites pas ce que je fais" !
Par Denis - Publié dans : Écologie - Communauté : Ecologie par blogs
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Mercredi 10 septembre 2008

Appel autour de la venue de Benoit XVI en France du 12 au 15 septembre.

Le pape a le droit de venir en France. Loin de nous l’idée de nous y opposer parce que nous sommes laïques. Mais cet accueil officiel, sur un mode révérenciel et sur fonds publics, ne va pas de soi.

En tant que chef d’un État, Benoît XVI ne mérite guère l’enthousiasme d’une démocratie laïque et égalitaire.
À la tête d’un petit État théocrate et patriarcal, il use essentiellement de son siège d’observateur permanent à l’ONU pour faire reculer tout programme en faveur de la planification familiale, des droits des femmes, de la lutte contre le sida, ou des minorités sexuelles. Souvent aux côtés des pires dictatures de l’Organisation de la Conférence islamique.

En tant que leader religieux, Benoît XVI est un pape ultraconservateur et liberticide. Sa vision du catholicisme, promue à travers des mouvements comme l’Opus Dei ou la Légion du Christ, est dogmatique, étroite, antiféministe, inégalitaire, hostile à un véritable œcuménisme et à l’esprit moderniste de Vatican II. Il n’y a vraiment pas là matière à révérence. Mais c’est l’affaire des croyants.

En tant que citoyens laïques, notre vigilance est ailleurs. Nous tenons à profiter de cette visite en France pour dire et redire notre refus de la « laïcité positive », un terme utilisé par Benoît XVI puis revendiqué par Nicolas Sarkozy, dans son livre « La République, les religions et l’espérance », et plus encore dans ses discours présidentiels de Latran et Ryad.

Comme l’immense majorité des Français, nous sommes attachés à la laïcité sans adjectif. C'est à dire à une laïcité qui distingue bien la sphère de la puissance publique de la société civile et de la sphère privée. Cette séparation tient sagement à distance le politique du religieux, dans l’intérêt des deux.

Nous refusons l’évolution de cette laïcité vers une religion civile à l’américaine, le subventionnement public des lieux de culte, ainsi que l’assouplissement de la vigilance envers les sectes.

Nous appelons au contraire à une vigilance vis-à-vis de tous les intégrismes. Cette vigilance passe par une revalorisation du lien social sur un mode laïque, un soutien aux associations de quartier luttant pour le vivre ensemble et la défense de l’école publique. Nous le disons sans détour : dans la transmission des principes de la République, le curé, le pasteur, le rabbin ou l’imam ne pourront jamais remplacer l’instituteur.

Nous ne pensons pas, comme le chef de l’État, que le plus grand mal des banlieues soit d’être devenues des « déserts spirituels », mais d’être devenues des ghettos souffrant d’un ascenseur social bloqué, de la flambée des prix immobiliers, du recul des services publics et du manque de mixité sociale.

Nous n’avons pas la prétention de croire, comme lui, que « Dieu est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme ». Mais nous sommes sûrs d’une chose, pour fondamentale qu’elle soit, la question spirituelle ne nous semble pas relever des missions du chef de l’État, dont le rôle est plutôt de s’occuper de la question sociale.

Si le catholicisme fait incontestablement partie du patrimoine culturel de la France, la France n’est plus la « fille aînée de l’Église » depuis quelques siècles déjà, mais une République séparée des Églises. Son objectif n’est pas de veiller à ce qu’un plus grand nombre de Français croient mais vivent mieux, toujours plus libres et plus égaux, ensemble. Telle devrait être la mission que se fixe un président de la République. Telle est notre espérance.

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Par Denis - Publié dans : Politique - Communauté : Religions en toute liberté
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Jeudi 28 août 2008
Un livre-univers, jamais appellation n'aura été aussi juste. L'univers de ce livre est une bande de terre allongée d'Est en Ouest entre les glaces du Nord et celles du Sud et parcourue par les vents. La Horde est en marche vers l'Ouest, l'extrème-amont, l'origine du vent, à pied, vingt-trois personnes, hommes et femmes, tous attachants, passionnés et passionnants à suivre dans leur lutte pas à pas contre le vent tantôt douce zéphirine, tantôt furvent infernal pacouru de blasts (explosions turbulentes).

Ils sont vingt-trois : Golgoth le traceur, Pietro le prince, Sov le scribe, Caracole le troubadour, Erg le combattant-protecteur, Talweg le géomaître, Firost le pilier, l'autoursier et le fauconnier les oiseliers-chasseurs, Steppe le fleuron, Arval l'éclaireur, Horst et Karst les ailiers, Oroshi l'aéromaître, Alme la soigneuse, Aoi la cueilleuse et sourcière, Larco le braconnier du ciel, Léarch l'artisan du métal, Callirhoé la feuleuse, Boscavo l'artisan du bois, Coriolis, Sveziest et Barbak les crocs. Ils parlent et se présentent les uns les autres à tour de rôle et imperceptiblement par petites touches progressives on pénètre ce monde on s'acclimate à son étrangeté et on s'attache à ces personnages de la Horde, de la 34ème et ultime Horde.

Ce livre est aussi une expérience de lecture, par ces voix des différents personnages qui s'entrelacent, se tressent et tissent l'étoffe de ce roman. Des liens écrits répondant à des liens d'amitié, de communauté, de fraternité entre ces hommes et femmes unis par et contre et avec le vent. Un vent qui est en filigrane le personnage principal de ce monde qui lui doit la vie. Une expérience de lecture par l'invention lexicale qui participe à l'impression de réalité de ce monde qui nous habite encore longtemps une fois le livre refermé.

Pour vous en donner un avant-goût, voici les trois premiers paragraphes :

À l'origine fut la vitesse, le pur mouvement furtif, le "vent-foudre".

Puis le cosmos décéléra, prit consistance et forme, jusqu'aux lenteurs habitables, jusqu'au vivant, jusqu'à vous.

Bienvenue à toi, lent homme lié, poussif tresseur des vitesses.

Mais je ne vous dis pas tout. Des signes de ponctuation, des bribes, des mots, des fragments de phrases précèdent ces trois premiers paragraphes. Il faut lire Alain Damasio !

Alain Damasio, La Horde du Contrevent, Gallimard, 2007, collection Folio SF.
Site du livre
Par Denis - Publié dans : Science-fiction - Communauté : L'imaginaire pour tous
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